lundi 8 février 2016

Je voudrais vous parler d'un endroit confortable et pratique à la fois si
tu n'aimes pas faire le ménage. On le trouve à Madrid, dans un bâtiment
dont les appartements ont tous les mêmes conditions. C'est très facile à décrire, on ouvre la porte et d'un coup d'oeil, on peut tout voir. Avec le
premier pas, l'itinéraire du couloir est fait, et avec le deuxième on est
directement dans la salle-cuisine-chambre. Il faut faire attention et ne
pas trébucher avec la petite table qui fait office de table-cuisine, bureau ou table de nuit. Si on tourne à gauche, on se trouve dans la cuisine, sur trois mètres carrés, tous les appareils indispensables, il suffit d'ouvrir le frigo pour faire tomber l'étagère, installée dans la salle comme meuble unique dans tout l'appartement. Un autre truc c'est le canapé multifonctions, il fait les trois huits, comme chaise pour déjeuner, fauteuil cinéma et en horaire de nuit comme lit.On ne peut pas oublier l'unique pièce isolée dans cet endroit, la salle de bains, ou il faut fermer la porte une fois dedans, sinon tu ne pourras pas bouger, on ne va pas expliquer en détail, mais les tâches peuvent et doivent être dans certains cas, simultanées.
Malgré les dimensions minuscules dans cet espace, les expériences vécues doivent être énormes.
                                                                                                                                        Lourdes Díaz
 
La Foir’Fouille Chinoise
J’voudrais vous parler d’un endroit remarquable, absolument épatant,
Un lieu extraordinaire qui existe depuis longtemps
On le trouve n’importe où, pas d’origine espagnole ni suédoise
Ce lieu hors du commun s’appelle la foir’fouille chinoise.
Ces citoyens venus d’Orient ont installé leurs commerces près de chez nous
Y en a plus que d’autres magasins, leurs locaux émergent partout.
Je sais de quoi je parle, suivez-moi, vous êtes sous bonne escorte.
La foir’fouille est là, il suffit d’ouvrir la porte.
Ce qu’on remarque tout de suite sans être un enquêteur
C’est que les étagères se dressent comme des gratte-ciels sans splendeur.
C’est pas vraiment que ce sont des remparts mais faut avouer que sans une échelle
Impossible d’atteindre le sommet, on n’est pas l’Inspecteur Gadget, mais de simples mortels.
Un autre truc flagrant dès qu’on met les pieds dans ces établissements
C’est que la marchandise nous barre le passage et un petit homme nous observe toujours vigilant.
Pas question d’y aller à la hâte, il faudra du temps pour trouver ce qu’on veut
Il ne s’agit pas d’articles haut de gamme, ce qui explique qu’ils coûtent si peu.
Pinces à linge, porte-photos, contrefaçons de toute sorte… La plupart en plastique
Même si ce pêle-mêle a une drôle d’allure, rien de plus pratique.
Avouons-le, on est tous allés à la fouille, n’empêche que c’est ringard
Jour férié, dimanche ou minuit, c’est encore ouvert, on n’y arrive jamais en retard.

                                                                                                                Iván Corral
 
LA CHAMBRE D’AD0

Je voudrais vous parler d’un endroit remarquable, absolument épatant,
Un lieu extraordinaire qui existe depuis longtemps
On le trouve chez les filles et même chez les garçons, il n’y a pas de différences à cette occasion.
Ce lieu surprenant s’appelle la chambre d’ado
C’est une grotte, un mystère, un lieu interdit pour une mère
Je sais de quoi je parle, suivez-moi vous êtes sous une bonne escorte
La chambre est là, il suffit d’ouvrir la porte
Ce qu’on remarque tout de suite sans être un enquêteur
C’est que le sol est tout à fait couvert
Ce n’est pas vraiment que la salle soit réduite, mais faut avouer que     c' est un vrai taudis
Quand on y entre, on est étonné, qu’est-ce qui s’est passé ?
Ça sera la conséquence d’un vol ou peut être des épaves sur une plage dévastée
Si par hasard un voleur futé arrive à la maison, il va penser qu’un collègue a déjà mené à bien sa mission
C’est une bonne stratégie, on peut de cette façon éviter une escroquerie
Un autre truc flagrant, même si l’ado n’est pas trop antipathique, c’est de fomenter la discussion empathique
L’ado est toujours enfermé dans son cocon, pour y entrer il faut demander la permission
Tout le monde est contre lui, il faut qu’il nous ouvre la porte
Dans son enfance sa mère était la plus sage, comme le paysage a changé !
L’adolescence elle-même a un avantage, qu’elle va  passer avec l’âge.

                                                                                              Inma Fdz. de Zuazo
SALLE DE C1 ET TROISIÈME ÂGE

J’voudrais vous parler d’un endroit remarquable, absolument épatant,
Un lieu extraordinaire qui existe depuis longtemps.
On le trouve à Vitoria, à l’EOI dans un p’tit coin
Ce lieu bondé extra-muros s’appelle la salle de C-1.

Les élèves c-un-ois qui écoutent assis les explications torrides
Après presque trois heures d’attente souffrent en silence...
des hémorroïdes.
Je sais de quoi je parle, suivez-moi vous êtes sous bonne escorte
Les chaises dures comme la pierre sont là, il suffit d’ouvrir la porte
Ce qu’on remarque tout de suite sans être un enquêteur
C’est que tout le monde, sauf la prof, montre le geste à contrecoeur.
C’est pas vraiment qu’ils soient en discorde, mais faut avouer que les derrières
Étant longtemps abattus et siégés, deviennent tellement guerriers.
Un autre truc flagrant, considérant l’heure,  mon quatrième âge...
C’est que l’aspect esthétique aussi... que c’est triste, c’est dommage!!!
On a une colonne, une seule colonne, ni dorique ni ionique,
Mais elle est toujours là, au milieu de la classe, toute monolithique
Empêchant la vue naturelle... Vive la nouvelle pédagogie!!!
La classe télépathique!

                                                                                               Asier Astigarraga
Une nouvelle année se présente : 2016, fin de cycle, avant 2017, année de changements.
Nouvelle année, nouveaux élèves, nouvelles plumes !
La vie est ainsi faite, elle nous offre chaque jour de belles surprises, de petits plaisirs minuscules, si tant est que l'on sache les saisir au vol !
Merci à toutes celles et à tous ceux qui voudront bien nous délecter avec leur imagination !
Au plaisir d'écrire, ensemble, c'est tout !

                                                                                     Marie-Hélène

dimanche 24 mai 2015



Un vieux meuble raconte ses bons et ses mauvais souvenirs

   Un vieux fauteuil. C’est ce que je suis. Cependant, ça ne signifie pas que je n’aie pas une histoire, une vie, mes souvenirs.
   La première image qui me revient à la mémoire est de couleur verte, la couleur des feuilles, et elle contient beaucoup de bruit. Il s’agit du jour où les arbres utilisés pour me fabriquer ont été abattus. J’aime encore penser au son des troncs au moment de tomber. Tout un bois de chênes pour Jean, l’homme qui m’a fait, mon père.
Heureusement, Jean était un des meilleurs menuisiers de la région. Né à Paris au sein d’une famille de boulangers, il avait contredit la décision du chef de famille, qui voulait que son fils continuât avec le magasin. Ainsi, à l’âge de vingt ans, il avait pris un aller simple à Sainte-Marie, dans l’intention d’apprendre un métier.
Toutefois, il ne savait pas que Sainte-Marie  était célèbre pour la fabrication de meubles en bois. Et, de cette manière et par hasard, il s’est trouvé avec le travail qui lui donnerait les satisfactions les plus grandes.
   Le jour où Jean m’a fini, le soleil brillait. Dans mon cœur aussi, parce que j’étais le meuble dont je rêvais. Un beau fauteuil en bois foncé, avec des coussins en cuir rouge.
Mon père, fier de sa création, non seulement s’est décidé à ne pas me vendre, mais il m’a placé au centre de la salle de séjour. Là, j’ai connu le bonheur. Les longues soirées avec mon menuisier lisant un livre; les midis avec sa femme, qui m’épinglait ses aiguilles à tricoter pour ne pas les perdre alors qu’elle regardait la télévision ; et les deux petits enfants, qui prenaient leur goûter avec moi, qui dormaient sur moi…
Maintenant tout est différent. Tout a changé. La famille est déjà partie. Les enfants sont à Paris, avec leurs propres fauteuils. Et Jean et sa femme ne sont pas avec moi. Ils habitent dans une maison de retraite. Ils ne peuvent donc pas se charger de moi. Ils ne me soignent plus.
Alors j’attends. J’attends dans ce magasin que quelqu’un me voie et, comme la rose du Petit Prince, s’occupe de moi.
                                                                                                                                                             Elena F.




mercredi 20 mai 2015



LE PREMIER JOUR ENSOLEILLÉ DE PRINTEMPS

Ce n’est pas le 20 ou le 21 mars (l’équinoxe de printemps dans l'hémisphère nord et du point de vue astronomique) car il y a déjà quelques jours qu’il est arrivé – trop nombreux selon la vaste majorité qui souffrent des dommages de l’implacable hiver ; c’est le premier jour de printemps qu’il fait beau, le premier jour que le soleil ose apparaître. Et c’est pour cette raison, parce que c’est le premier jour depuis bien longtemps, qu’il le fait doucement, timidement comme nous regardons quelqu’un qui nous fait peur ou quelque chose qu’on pense qui va nous faire mal aux yeux, au sens figuré et littéral. En plus, le premier jour de printemps qu’on peut appeler beau, le soleil n’a pas de concurrence : il n’y a pas de masses visibles suspendues dans le ciel et constituées d'une grande quantité de gouttelettes d’eau. Le soleil est le seul ornement du ciel, il est seigneur et maître dans le bleu. Même si au début il apparait faible et presque froid, dès qu’il se rend compte qu’il n’y a pas d’abri pour se cacher jusqu’à s’encourager et que personne chez les humains n’est  capable de le regarder directement, il grandit, fier et défiant. En même temps, nous, pauvres êtres tremblants, désespérés et toujours en mouvement pour ne pas se geler pendant des mois, sommes pressés dehors, comme poussés par une main invisible, et on sort en bras de chemise que nous retroussons chaque fois que le soleil gagne un peu de confiance. Tu regardes autour de toi, tout semble plus réjouissant, plus inoffensif, plus tranquille. Tu t’assieds sur n’importe quel banc qui n’est pas à l’ombre, apparemment tous sont plus confortables que d’habitude, et tu ouvres un livre que tu as pris pour l’occasion. Tu sens le faible vent sur ta peau nue (les bras, le visage et le cou, et bientôt la poitrine) et l’arôme tellement singulier du printemps. Quelques filles passent à la fois en riant, en parlant et en criant. Cela ne te dérange pas du tout, au contraire, tu souris : ah, la jeunesse ! Après avoir lu quelques lignes que tu vas relire la prochaine fois car tu n’as pas prêté attention, tu fermes le livre et tu t’amuses avec le paysage. Un jeune homme en short, tu trouves qu’il est audacieux, mais tout à coup tu sens tes jambes brûler, si j’avais mis au moins les sandales ! Tu essayes de ne pas penser, seulement t’amuser du soleil. Il tape de plus en plus fort. Les gens ne marchent pas, ils se baladent comme s’ils avaient des pierres attachées aux pieds. Tu sens que l’énergie entre dans ton sang et se mélange avec les globules blancs, rouges et les plaquettes. Les problèmes qui te hantaient pendant des semaines ne semblent plus maintenant si graves, j’ai été vraiment aveuglée par le désespoir, quelle idiote ! Tu te promènes lentement vers chez toi, mais tu te dévies pour acheter une glace afin de goûter l’été qui est de plus en plus proche et pour prolonger un peu ce sentiment de bonheur. Chez toi, tu vas à la salle de bains pour te laver le visage brillant d’optimisme et de sueur. Le miroir remarque que tu as les joues et le nez trop rouges. Tu plantes le bout de ton doigt dans une joue moelleuse et oui, la trace pâle confirme que tu as été trop confiante. Heureusement que je n’ai pas mis les sandales ! Et le soleil brille triomphant dans le bleu du ciel.
                                                                                                                          Garazi